Le mouvement social des « gilets jaunes », qui a rassemblé 46.600 manifestants en France samedi pour son acte 15, traduit notamment un « ras-le-bol fiscal qui doit être entendu », a estimé dimanche le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici, dans une émission d’Europe 1, CNews et Les Echos.

« Il y a une demande de stabilité fiscale, de justice fiscale, il y a un ras-le-bol des inégalités et une demande de représentation », a-t-il affirmé.

L’ex-ministre de l’Economie et des Finances (2012-2014) du gouvernement socialiste de François Hollande s’est cependant prononcé contre une « grande remise à plat du système fiscal ».

La ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, a proposé dans le Journal du dimanche que chaque Français paye l’impôt sur le revenu, « même un euro », afin de « redonner à chacun le sens de l’impôt, qui est un acte citoyen ». L’entourage du Premier ministre Edouard Philippe a indiqué que cette « piste » n’était « pas à l’étude ».

Pour Pierre Moscovici, l’idée de la ministre pose problème : « Que se passe-t-il pour ceux qui sont aux minimas sociaux ou en dessous ? », s’est-il interrogé.

« La première chose à faire c’est de ne pas trop toucher à la fiscalité ou de le faire avec une main tremblante », a-t-il affirmé.

Le commissaire européen socialiste a dit comprendre pourquoi le gouvernement ne souhaite pas rétablir l’impôt sur la fortune, une question devenue « taboue » dans le débat actuel sur la fiscalité.

Mais, selon lui, le sujet au cœur du débat est celui du consentement à l’impôt : « Vous ne rétablirez pas le consentement pour les plus pauvres, s’il y a le sentiment que les plus riches ne payent pas ».

Pierre Moscovici a aussi abordé la question des dérives antisémites qui se sont exprimées dans le mouvement social des « gilets jaunes », notamment le week-end dernier avec des insultes lancées contre l’intellectuel Alain Finkielkraut.

« Quand on commence à dire sale sioniste, en réalité on dit sale juif », a-t-il commenté.

Il a déclaré toutefois ne pas être favorable à ce qu’on pénalise l’antisionisme en légiférant, mais d’accord avec le président Emmanuel Macron pour qu’il y ait « une définition de l’antisémitisme qui inclut l’antisionisme, pour qu’ensuite les juges puissent apprécier ».

Il a ensuite ramené la conversation sur la dimension sociale : « Les juifs sont toujours les premiers boucs émissaires dans les périodes de recherche d’identité, et nous sommes dans une période de malaise dans la civilisation européenne, et c’est à ça qu’il faut répondre ».

C Banque – 24 février 2019 – source AFP

 

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